Relier Paris à New York en vingt minutes, un mirage?

La naissance d’un avion hypersonique pourrait révolutionner la manière de se déplacer dans le monde. Mais le projet est-il vraiment réalisable? Charles Bombardier, l’homme derrière ce prototype, se montre aujourd’hui évasif… mais conscient des obstacles à surmonter.

Paris à New York

Et si un avion parvenait à relier Londres ou Paris à New York en seulement une vingtaine de minutes? Pour l’heure, on se sait ni quand ni vraiment comment un tel projet pourrait véritablement voir le jour, mais l’annonce, en janvier dernier, d’un projet d’avion hypersonique reliant l’Europe aux États-Unis en une poignée de minutes avait fait la une des journaux partout dans le monde.

Il faut dire qu’il s’agissait là d’une promesse particulièrement enthousiasmante étant donné le gain de temps que cela représenterait pour le grand public –la durée de vol entre ces deux villes s’étalant actuellement sur un petit peu plus de sept heures aujourd’hui.

Par l’intermédiaire de ce projet révolutionnaire, le designer canadien Charles Bombardier prévoit de faire voler l’Antipode, un petit avion à une vitesse vingt-quatre fois plus rapide que le Concorde. Le vol de cet avion hypersonique au nombre de places réduites s’effectuerait à 12.000 mètres d’altitude et à Mach 24, c’est-à-dire vingt-quatre fois la vitesse du son et près de 25.500 km/h, soulignait Futura Sciences en février 2016.

Un «concept» plus qu’un projet

Aussi
futuriste et ambitieux soit-il, le projet est-il réalisable? C’est la question que se pose aujourd’hui la BBC à propos de ce challenge «qui nécessite d’être envisagé avec un œil sceptique». D’ailleurs, Charles Bombardier le reconnaît volontiers. Pour lui, l’Antipode est avant tout un «concept destiné à provoquer un débat et un intérêt dans les technologies du futur».

Mais il reste bien conscient des problèmes majeurs auxquels se heurte son projet. En tête de la liste, l’échauffement considérable causé par le frottement de l’air qui menace de faire fondre le métal qui compose l’avion. «Au fond, ce n’est pas tant une idée concrète qu’un concept», admet Charles Bombardier, conscient des limites de son projet.

«Je voulais contribuer afin d’aider à soulever des fonds pour aider la recherche, donc j’ai poussé ce projet jusqu’au bout. Je sais que cela ne mènera pas, au final, à un avion identique, mais cela pourrait aider à développer de nouvelles technologies et de nouveaux processus. Si c’est le cas, alors je serai heureux d’avoir fait quelque chose pour aider la société.»

Reste que, aujourd’hui, Charles Bombardier n’est pas seul sur ce créneau aéronautique très prisé. Ces dernières années, plusieurs projets d’avions supersoniques ont été dévoilés au grand public, avec pour principal objectif de rendre les voyages en avion les plus rapides possibles. Plus réaliste que l’Antipode, la société Boom Technology présentait son propre projet d’avion supersonique, en novembre 2016. L’objectif: relier Paris à New York en trois heures, accessible à tous, dès 2023.

Source : Slate