Le remaniement ministériel sera plus conséquent que prévu

Alors que Richard Ferrand va briguer la tête du groupe LREM à l’Assemblée sur demande d’Emmanuel Macron, Sylvie Goulard, aux Armées, a annoncé elle aussi son départ du gouvernement. Marielle de Sarnez, aux Affaires européennes, n’exclut pas non plus de quitter son ministère.

Il devait s’agir d’un simple remaniement « technique ». Mais comme c’est la règle depuis plusieurs mois maintenant, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Au lendemain des législatives, le gouvernement devait subir quelques changements, mais pas de grande ampleur, expliquait lundi le porte-parole, Christophe Castaner. Depuis, le président de la République a demandé à Richard Ferrand de briguer la tête du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, ce qui laisse une place vacante au ministère de la Cohésion des territoires.

Mais surtout, et la nouvelle était inattendue, Sylvie Goulard a annoncé ce mardi matin qu’elle souhaitait quitter son poste de ministre des Armées. Quelques minutes plus tard, Marielle de Sarnez, sa collègue des Affaires européennes, a expliqué à BFMTV qu’elle n’excluait pas non plus un départ du gouvernement, mais pour briguer la présidence du groupe MoDem à l’Assemblée nationale. Des raisons bien différentes ce celles évoquées par Sylvie Goulard.

Trois ministres sortants?

Quelques minutes avant l’heure à laquelle elle devait arriver au Bourget, la ministre a envoyé elle-même un communiqué, évoquant l’affaire des assistants parlementaires du MoDem. Dans la foulée, l’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron « acceptait » ce départ.

« Le Président de la République a entrepris de restaurer la confiance dans l’action publique, de réformer la France et de relancer l’Europe. Cette entreprise de redressement doit l’emporter sur toute considération personnelle », écrit l’ancienne eurodéputée du parti centriste.

« Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli », ajoute Sylvie Goulard.

Macron rencontre Raffarin

Trois postes au moins pourraient donc être à pourvoir. Ceux de Sylvie Goulard et de Marielle de Sarnez sont stratégiques, puisque le ministère des Armées est régalien, que toutes deux sont des femmes et qu’elles viennent du MoDem. Le remaniement devra donc tenir compte de l’exigence de parité et d’équilibre politique entre les différentes couleurs comprises dans La République en marche. Un départ pouvant en entraîner un autre, d’après les informations de BFMTV, le nom de Marielle de Sarnez circule pour la présidence du groupe MoDem à l’Assemblée. La ministre des Affaires européennes estime que « tout est ouvert » pour elle.

Comme l’a expliqué Edouard Philippe sur BFMTV et RMC, Emmanuel Macron lui a demandé « un gouvernement équilibré ». Le Premier ministre a ajouté que l’entrée de nouveaux représentants LR n’était pas exclue. Coïncidence ou hasard du calendrier, ce qui arrive peu en politique, Emmanuel Macron doit recevoir Jean-Pierre Raffarin à 17 heures ce mardi. Edouard Philippe s’est en revanche montré opposé à un gouvernement « pléthorique », qui inclurait de nombreux secrétaires d’Etat. Il a aussi indiqué qu’il avait « des idées » pour remplacer Richard Ferrand.

Pour Philippe, Bayrou « a vocation » à rester

Si les mouvements semblent concentrés à ce stage sur les membres du MoDem, François Bayrou lui, aurait de grandes chances de rester à son poste. C’est en tout cas le message qu’a fait passer Edouard Philippe. « François Bayrou a vocation à être au gouvernement », a assuré le Premier ministre.

Comme pour le premier gouvernement d’Edouard Philippe, les nouveaux ministres seront passés au crible par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Ce qui pourrait, comme la fois précédente, allonger la durée du remaniement. Edouard Philippe avait annoncé que le nouveau gouvernement serait connu d’ici mercredi à 18 heures, mais cela pourrait intervenir jeudi, si le conseil des ministres était exceptionnellement décalé d’une journée et avait lieu pendant la matinée.

Une femme au perchoir?

En parallèle du remaniement ministériel, La République en marche devrait aussi connaître quelques changements. Selon un proche du chef de l’Etat cité par Le Figaro, Catherine Barbaroux, son actuelle présidente, ne devrait pas rester à son poste « pour des raisons personnelles ». Jean-Paul Delevoye, qui présidait la commission d’investiture pour les législatives, pourrait la remplacer, son nom circulant parmi plusieurs.

Enfin, mardi 27 juin, quand la nouvelle législature se mettra au travail, aura lieu l’élection du président ou de la présidente de l’Assemblée nationale. Emmanuel Macron s’était dit favorable à ce qu’une femme prenne les rênes du Palais Bourbon, ce qui n’est encore jamais arrivé. Plusieurs noms – de femmes mais aussi d’hommes – circulent, et à ce sujet, Edouard Philippe a botté en touche ce mardi matin.

« Si c’est une femme qui devient présidente de l’Assemblée nationale, tant mieux! », a-t-il déclaré.

Source : BFMTV