Revenus par ville: combien faut-il gagner pour être riche?

D’une commune à l’autre, les revenus des ménages varient énormément. Aussi, dans certaines villes, un foyer fait partie des 10% les plus riches avec 30.000 euros de revenus. Quand dans d’autres, il lui faudra plus de 100.000 euros…

Engagé depuis plus d'un an dans la simplification de la vie des entreprises, le gouvernement avait initialement annoncé un bulletin simplifié pour 2016.
Engagé depuis plus d’un an dans la simplification de la vie des entreprises, le gouvernement avait initialement annoncé un bulletin simplifié pour 2016.

Certes, nous sommes tous le riche (ou le pauvre) de quelqu’un. La maxime est connue. Mais globalement, les Français fixent à 5.000 euros nets par mois le seuil de revenus au-delà duquel une personne est considérée comme riche. C’est ce qu’indiquait une étude d’Odoxa pour Les Echos parue en juin dernier. Ce niveau de revenus correspond d’ailleurs plutôt à la réalité, puisque seuls 5% des Français perçoivent plus de 4.300 euros nets par mois. Bien évidemment, chacun abaissera ou augmentera ce seuil en fonction de ses propres ressources et aussi… de son lieu de résidence. En effet, avec 50.000 euros de revenus par an à Roubaix, vous comptez parmi les 4% de foyers fiscaux les plus aisés. En revanche, à Neuilly-sur-Seine, vous faites partie… de la « classe moyenne ». Challenges.fr s’est intéressé aux revenus dans les 100 plus grandes villes de l’Hexagone et des Dom-Tom. Les informations les plus récentes en la matière sont fournies par les avis d’imposition 2013 pour les revenus de 2012. En décortiquant les données, les disparités d’une commune à une autre sont frappantes.

Commençons par le revenu moyen par foyer fiscal. Les services des impôts ne disposent que des déclarations de revenus par foyer fiscal et non par ménage ou par personne. Pour rappel, le fisc comptabilise 37 millions de foyers fiscaux, alors que l’Insee recense près de 28,5 millions de ménages et 65,6 millions d’habitants. Ces chiffres n’en donnent pas moins une bonne idée du niveau de vie des habitants. Sur les 100 communes les plus peuplées, c’est Neuilly-sur-Seine qui domine largement le palmarès avec le revenu fiscal moyen le plus élevé de France. Ce dernier atteint ainsi près de 96.682 euros par foyer fiscal dans l’ancien fief de Nicolas Sarkozy. Soit près de deux fois le montant de celui affiché par les deuxième et troisième villes de ce classement, respectivement Boulogne-Billancourt et Rueil-Malmaison. A titre de comparaison, la moyenne, toujours pour ce top 100, est de 27.000 euros de revenus déclarés par foyer fiscal. Tandis que les villes franciliennes trustent les premières places, les grandes agglomérations d’outre-Mer sont, elles, en queue de peloton. Les Abymes en Guadeloupe affichent un revenu fiscal moyen d’à peine 13.281 euros. Saint-André à la Réunion et Roubaix dans le Nord font à peine mieux.

Avec un niveau de détails un peu plus élevé, nous pouvons comparer les villes où résident le plus de très hauts revenus, au-delà de 100.000 euros par an. Sur ce plan, les grandes villes sont avantagées puisqu’elles abritent des populations globalement plus importantes. La capitale a toutefois une place à part puisqu’elle concentre à elle seule 96.000 foyers fiscaux gagnant plus de 100.000 euros par an. C’est autant que les trente villes suivantes réunies ! Il y a cependant quelques surprises. Des communes beaucoup moins peuplées comme Neuilly-sur-Seine, encore elle, ou Versailles, parviennent à intégrer ce top 10.

Neuilly-sur-Seine, un ovni

Plus intéressant, on peut observer la part de la population de chaque commune par tranche de revenus. Neuilly-sur-Seine fait de nouveau figure d’ovni. 22,7% des foyers fiscaux déclarent plus de 100.000 euros de revenus
par an ! Boulogne-Billancourt (9,3%) et Rueil-Malmaison (9,1%) complètent le podium. Des exceptions quand on sait que seulement 2,2% des foyers enregistrent de tels revenus en moyenne dans les 100 plus grandes villes de France.

A partir des données du tableau suivant, le lecteur pourra aisément se situer, au regard de sa commune, dans la catégorie des riches, des pauvres ou des classes moyennes de sa ville. On peut par exemple noter qu’à Aubervilliers, moins de 11% des foyers fiscaux affichent des revenus de plus de 30.000 euros par an et 41% des foyers touchent moins de 10.000 euros par an de revenus. Autre exemple, à Rennes, vous ferez partie des 10% des foyers les plus riches à partir de 50.000 euros de revenus par an, alors que près d’un quart des foyers fiscaux sont dans ce cas à Issy-les-Moulineaux.

 


Source : Challenges