La Russie prépare des cyberattaques pour soutenir la candidature de Marine Le Pen, selon la DGSE

Officiellement, le ministère de la Défense se veut prudent et appelle à la vigilance. Dans les colonnes du Canard Enchaîné, la DGSE l’est beaucoup moins : les services russes prépareraient des cyberattaques attaques en vue de la présidentielle Française. Objectif ? Réitérer ce qui a fonctionné pour Trump aux États-Unis et porter le Front national au pouvoir.

En début de mois, le ministère de la Défense alertait contre un risque de piratage de l’élection présidentielle. Quelques mois à peine après une élection américaine marquée par l’ingérence – réelle ou supposée — du gouvernement russe à travers plusieurs cyberattaques menées dans le but de favoriser Donald Trump, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, appelait à la plus grande vigilance, sans nommer quelque gouvernement que ce soit.

Du côté de la DGSE, la menace est bien réelle : « les ruskofs s’apprêtent à polluer la campagne présidentielle », rapporte le palmipède. Le 28 octobre dernier, les partis politiques français se sont vus remettre un « guide d’hygiène informatique » (soit, les bonnes pratiques à respecter) après avoir suivi un séminaire de « sensibilisation à la sécurité informatique » dispensé au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Tous, sauf le Front national, qui a décliné l’invitation.

La DGSE s’attend à une ingérence russe

Suffisant pour éveiller les soupçons de la DGSE pour qui « cela ne fait pas un pli : les espions russes vont tenter de refaire le coup de l’élection de Trump. Cette fois en faisant de la retape pour Marine Le Pen sur les réseaux sociaux, grâce à des robots informatiques
qui généreront des messages positifs par milliers. Ou en révélant les données et mails confidentiels de ses adversaires
». Comme Wikileaks a pu le faire avec la messagerie du parti démocrate.

Un air de kalinka (célèbre chant russe) souffle déjà sur la campagne française : Emmanuel Macron serait la nouvelle cible de Wikileaks, selon le journal russe Izvestia. Julian Assange a même affirmé être en possession d’« informations intéressantes concernant l’un des candidats à la présidence française, Emmanuel Macron ».

Réseaux sociaux et cyberattaques ciblées

Une information reprise à grand renfort de titres aguicheurs sur RT (Russia Today) ou Sputnik, des médias soupçonnés de liens étroits avec le pouvoir russe.

On se souvient que l’élection américaine a été polluée par de nombreuses fake news, largement à l’avantage du candidat républicain. Par ailleurs, les partis politiques français seraient très vulnérables aux attaques, car profanes en matière de sécurité informatique. Le ministre de la Défense avertissait d’ailleurs le personnel politique : « Il faut maintenant partir du principe que chaque e-mail envoyé peut être piraté et donc rendu public à des fins de déstabilisation ».

Et le Canard de rappeler que « lors des ‘primaires citoyennes’, les sites du PS, de la Belle Alliance populaire et de la haute autorité chargée de veiller à leur bon déroulement ont subi des attaques en règle depuis des ordinateurs basés en Russie ». Un petit tour de chauffe avant le grand festin ?

Par chance, notre système de vote traditionnel par bulletin papier placé dans l’urne est encore très dominant, quand le vote électronique est encore anecdotique, contrairement aux États-Unis. Les tentatives de piratage des résultats des élections sont donc minimes. Toutefois, même si leur efficacité est contestée par Facebook, les fake news pourraient venir jouer les troubles fête, tout comme quelques cyberattaques bien ciblées.

Source : journaldugeek.com