Saint-Martin : les pillages se poursuivent malgré le couvre-feu

Alors que l’île est dans une situation apocalyptique après le passage d’Irma, les forces de l’ordre peinent à empêcher les pillages, et doivent prévenir l’arrivée de l’ouragan José.

Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma

Les Saint-Martinois n’en peuvent plus. Depuis qu’Irma n’a laissé sur son passage que des ruines, des habitations éventrées et des gens sans eau ni électricité, le chaos règne sur l’île. Aux difficultés imposées par cette situation post-cyclonique, s’ajoutent des pillages massifs qui contraignent les forces de sécurités à être partout à la fois. Le couvre-feu déclenché au soir du jeudi 8 septembre, valable jusqu’au mercredi suivant vient régler un problème de sécurité, que les forces de sécurité, démunies, n’arrivent plus à endiguer.

Comme cette équipe de sécurité civile, fraîchement débarquée du matin, qui vient d’intervenir sur le pillage d’une épicerie asiatique, prise d’assaut à la voiture bélier et devant laquelle les gens s’amassent et repartent les bras chargés de denrées. Faire des provisions? Non, organiser un marché noir, selon les autorités présentes. Parfois ce sont des frigos, des machines à laver ou autres d’appareils d’électroménager qui sont embarqués dans des pick-ups de pillards.

«On va finir par former une milice»

Déjà le jeudi 7 septembre, date à laquelle les forces de sécurité venues de l’Hexagone embarquaient pour l’île dévastée depuis Pointe-à-Pitre, les gendarmes ont été priorisés sur l’ordre d’arrivée. Leur mission: investir au mieux les quartiers des villes, notamment de Marigot, où courent les rumeurs les plus folles depuis que l’on a appris le pillage de l’armurerie de la police aux frontières et des douanes: attaque dans les domiciles des gens à main armée, coups de feu à répétition, descente de gangs dans divers quartiers, etc…

Sans aller jusqu’à ces extrémités, la tension qu’instaurent les pillages est palpable. Des civils se sont rendus au centre opérationnel départemental pour demander d’être inscrits sur une liste d’évacuation, suite à l’aiguillage d’une mauvaise information. Sauf que les ordres d’évacuations ne concernent que les urgences sanitaires. Lorsqu’on le colonel les en informe, des femmes se mettent à pleurer, craquent voire paniquent. «On craint pour la sécurité de nos enfants, et on va finir par former une sorte de milice pour garder la sécurité», indique Nicolas, un des civils venus tenter de faire partir son jeune fils de 13 ans.

Avec le couvre-feu déclaré, et surtout l’approche de l’ouragan José dont la catégorie 4 place les Îles du Nord en vigilance rouge cyclonique, les évacuations et débarquements d’hommes et de vivres sont totalement stoppés. Saint-Martin se retrouve encore seule.

Source : Le Figaro