Salaires des stars françaises : « Capital » balance les chiffres

Le mensuel économique lève le voile sur les revenus 2016 des stars du show-biz, sportifs et chefs cuisiniers… Bienvenue dans la démesure.

Des chiffres à donner le tournis… Le magazine Capital du mois de mars dresse son palmarès annuel des plus gros revenus français, tous métiers confondus*. Le mensuel s’est d’abord intéressé à ce qu’il connaît bien, à savoir les gros chiffres brassés par les grandes fortunes (les familles Bettencourt, Arnault, Hermès ou Pinault, dont les dividendes oscillent entre 200 et 575 millions d’euros), ainsi qu’aux gros salaires des patrons (15,6 millions pour Carlos Ghosn de Renault-Nissan et 9 millions pour Jean-Paul Agon de L’Oréal, par exemple). Mais, plus original, il a également poussé son enquête pointilleuse dans l’univers des people, artistes ou sportifs en tout genre. Avec quelques surprises.

David Guetta rafle la mise

Du côté du show-biz, ce sont les chanteurs qui tiennent le haut du pavé, avec des revenus plus qu’importants malgré la baisse des ventes de disques, constatée depuis plusieurs années. En tête, le producteur David Guetta et ses 26 millions d’euros de revenus annuels en 2016, puis Johnny Hallyday (16 millions), les Insus (ex-Téléphone, avec 12 millions) et Renaud, qui revient de loin avec 6,5 millions au compteur… Les humoristes s’en sortent pas mal aussi, tels Gad Elmaleh et Kev Adams (12 millions de revenus chacun), Les Chevaliers du fiel (6,5 millions à partager en deux) et Laurent Gerra (4 millions), toujours plébiscité par les Français. Plus difficile à cerner, les salaires précis des animateurs-producteurs de télévision, dont Capital donne uniquement les chiffres d’affaires de leurs sociétés, sachant que les marges sur les émissions dépassent souvent les 20 % : en 2016, Cyril Hanouna écrase ses rivaux avec 50 millions de chiffre d’affaires, suivi de Nagui (32 millions), de Yann Barthès (27 millions) et d’Arthur (14 millions).

Marion Cotillard domine sur grand écran

Le cinéma rapporte, mais moins que la télé et les blagues potaches : normal, le Centre national du cinéma (CNC) accorde ses aides à un film si le cachet des têtes d’affiche ne dépasse pas 990 000 euros, pour éviter les dérives d’autrefois… À ce régime, seule Marion Cotillard, souvent embauchée par Hollywood, tire son épingle du jeu avec 4 millions minimum de revenus en 2016 (en raison notamment des succès d’Alliés et d’Assassin’s Creed). Dans le peloton de tête, on trouve également Omar Sy (3,4 millions), Franck Dubosc (2,3 millions, grâce surtout à Camping 3, dont il coauteur) et l’inévitable Dany Boon (2 millions).

Sur le terrain sportif, le plus riche champion français reste le basketteur Tony Parker, avec 19,5 millions d’euros de revenus en 2016, suivi de près par le footballeur Paul Pogba (17,5 millions), le basketteur Joakim Noah (16,5 millions), fils de Yannick. À noter que le presque-vétéran Franck Ribéry est toujours dans la course avec 14 millions, grâce à son contrat avec le Bayern Munich. Parmi les jeunots, le prometteur Antoine Griezmann est à la 9e place des sportifs français avec un revenu de 9,5 millions d’euros, ce qui lui laisse encore une marge de progression…

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Près de 3 millions d’euros pour Musso

Le magazine Capital s’intéresse également aux salaires d’autres personnalités, tels les romanciers populaires Guillaume Musso (2,8 millions d’euros avec plus de 1,8 million de ventes en 2016) et son rival Marc Levy (1,7 million de gains l’an dernier). Sans oublier un coup de projecteur sur les grands chefs français, comme Alain Ducasse (au moins 11,5 millions de chiffre d’affaires générés par sa multinationale du bon goût), Joël Robuchon (7 millions d’euros) et Cyril Lignac (4,5 millions d’euros), dont la carrière a explosé avec ses émissions télé pour grand public… Des chiffres forcément impressionnants, quand on sait que la moitié des salariés français gagne moins de 1 780 euros net par mois, mais qui sont aussi le résultat d’années de labeur, d’inventivité et de créativité. Pour calmer quelque peu les esprits, Capital rappelle au passage que la France se classe parmi les pays les moins inégalitaires des économies développées, grâce à un système de redistribution particulièrement généreux, loin devant les États-Unis ou le Royaume-Uni. On se console comme on peut.

(*) « Les Français les mieux payés », enquête à retrouver dans le numéro de Capital de mars 2017.

Source : Le Point