Le scooter à hydrogène qui carbure à la poudre

L’entreprise Aaqius développe un scooter à hydrogène dont le plein s’effectue en quelques secondes par l’insertion d’une cartouche où le combustible est stocké sous forme solide.

hydrogene

L’hydrogène est un carburant des plus intéressants sur le papier. Durant sa combustion, il fournit assez d’énergie pour faire fonctionner un moteur tout en ne rejetant que de l’eau. Mais comme tout nouveau mode de transport impliquant d’utiliser une nouvelle source d’énergie, il se heurte à cet éternel paradoxe. Puisqu’il n’y a pas encore de véhicules utilisant cette technologie, il n’y a pas encore de station pour les recharger! Et comme il est compliqué de les recharger, les véhicules restent peu nombreux. Mais la société suisse Aaqius entend s’affranchir de cette dépendance grâce à sa technologie Stor-H. L’idée consiste à stocker l’hydrogène non pas sous forme pressurisée, mais dans des canettes, sous forme de poudre. Ce qui le rend inerte et stable. Plus exactement, la cartouche contient une poudre d’hydrures métalliques qui fait office « d’éponge » à hydrogène. Ce dernier est libéré après chauffage afin d’alimenter une pile à combustible qui fait fonctionner le moteur électrique du scooter. Nous avons eu la possibilité de tester cet engin aux accélérations très fluides, et très agréable à conduire. Son silence en fonctionnement est particulièrement agréable.

Une centaine de kilomètres d’autonomie

L’intérêt de ce système de recharge par cartouches de poudre est qu’il n’est plus besoin d’amener son véhicule à une station de charge. Les canettes contenant le carburant peuvent être vendues dans le réseau de distribution existant (commerces de quartier, supérettes, distributeurs…). Deux canettes grand format, une fois insérées dans leur logement sous la selle su Scooter, lui permettent d’effectuer, d’après Aaqius qui envisage d’en équiper également des automobiles, une centaine de kilomètres. Consignées, elles peuvent être ensuite rechargées « plus de mille fois », soit dans un circuit dédié, soit à domicile, chez le particulier, s’il s’est préalablement équipé du matériel nécessaire pour effectuer l’opération. « L’étape de R&D et mise au point est aujourd’hui terminée nous a expliqué Jean-Baptiste Dementhon, vice-président de Aaqius. Nous devons aujourd’hui industrialiser l’écosystème autour de ce projet, et cela nous prendra les deux années à venirPour que ce projet puisse décoller, il faut viser un scooter au prix du marché c’est à dire entre 1000 et 2000 euros, et une cartouche d’hydrogène qui soit ramené au prix de la mobilité électrique » précise-t-il. Une flotte pilote de 80 de ces scooters est actuellement en test en Asie. Pour leur commercialisation, il faudra attendre  2017.

Source : Sciences et Avenir