Une super Lune exceptionnelle observé le lundi 14 novembre

Cette nuit-là, la Lune sera à seulement 356.500 kilomètres de la Terre, ce qui la fera paraître plus grosse et plus lumineuse dans le ciel.

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Il est certaines pleines lunes plus exceptionnelles que d’autres. Cela sera le cas de celle du lundi 14 novembre 2016. Le phénomène sera culminant en début de matinée, à 8h52, heure de Paris ; notre satellite semblera alors bien plus gros et plus lumineux qu’à l’ordinaire. Un spectacle somptueux, même s’il ne s’agit pas de « la super Lune du siècle », comme on a pu le lire ici et là… Pour en revenir au 14 novembre, cette date est celle où notre satellite sera à son périgée, c’est-à-dire quand la distance Terre-Lune est minimale. En effet, la Lune tourne autour de la Terre sur une orbite légèrement elliptique1, en à peu près 27 jours et 8 heures. La distance Terre-Lune s’élève en moyenne à 384.400 km, mais elle change en permanence (comme le montre l’illustration ci-dessous). Elle présente ainsi, sur une révolution lunaire autour du globe terrestre, une distance minimum avec la Terre (le périgée) et un maximum (l’apogée).

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©Damien Hypolite

Lorsque la pleine lune coïncide avec le moment où notre satellite est à son périgée, celui-ci nous apparaît alors plus gros et plus brillant que de coutume. Le phénomène que l’on appelle « Super Lune  » (« Super Moon » en anglais et « périgée-syzygie » chez les astronomes) se produit en moyenne 4 à 6 fois par an. Cette variation de la distance qui nous sépare de la Lune se traduit par une variation du diamètre apparent de notre satellite dans le ciel. Pratiquement indiscernable à l’œil nu, elle peut néanmoins être facilement mise en évidence à l’aide d’un instrument d’optique muni d’un oculaire réticulé à graduations.

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Mais en fonction de l’alignement rarement parfait du Soleil, de la Terre et de la Lune (sans quoi on observerait une éclipse de Lune ou de Soleil), il arrive que le périgée de l’orbite lunaire soit plus bas que de coutume. Ce sera le cas le 14 novembre 2016, puisque la Lune ne sera qu’à 356.511 kilomètres de nous, à 8h52 précisément (calculateur de distances ici). La dernière fois que le périgée a été aussi bas (356.462 km), c’était le 26 janvier 1948. Et pour le prochain périgée aussi bas, il faudra attendre le 25 novembre 2034 (la distance Terre-Lune sera alors de 356.447 km). Et pour la prochaine super Lune « classique », il faudra aussi être patient puisqu’il n’y en aura pas en 2017 : le prochain rendez-vous est pour le 1er janvier 2018 (périgée à 356.565 km). Notez toutefois que le spectacle qu’offrira la Lune dépend moins de sa distance à la Terre que des conditions météos le soir de l’observation. Si le ciel est couvert où si vous vous trouvez dans une zone où la pollution lumineuse est trop importante, vous n’observerez dans doute pas de grande différence avec une pleine lune « classique ».

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De la pleine Lune aux éclipses

En effet, malgré les apparences3, l’angle sous lequel nous voyons la Lune dans le ciel est petit. Il est proche d’un demi-degré (0,5° soit 30’)4. C’est l’angle sous-tendu par une pièce de 1 euro vue depuis une distance de 2,5 mètres ! Le diamètre apparent de notre satellite varie ainsi d’une bonne dizaine de pourcent, entre 29,3’ à l’apogée et 33,5’ au périgée. Le diamètre apparent du Soleil change lui aussi : de 32,5’ au début du mois de janvier, période où la Terre passe au périhélie, il décroît jusqu’à atteindre 31,5’ au début du mois de juillet, période où la Terre passe à l’aphélie. La Lune est donc susceptible de masquer totalement notre étoile, donnant par là naissance au féérique phénomène d’éclipse totale de Soleil.

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La distance angulaire entre l’extrémité du petit doigt et celle du pouce (bras tendu, main ouverte et doigts écartés) est d’environ 20°. Crédit Damien Hypolite.

ANNULAIRE. Une autre conséquence de ces variations de diamètre apparent est de rendre possible les éclipses annulaires, prévues par l’astronome et mathématicien Al-Battani (vers 858 – 929). La Lune est alors apparemment plus petite que le Soleil et, ne pouvant le recouvrir complètement, ne laisse apparaître de lui qu’un mince anneau (annulus en latin ; ci-dessous le phénomène photographié le 20 mai
2012 depuis Nevada City en Californie, crédit Wikipédia).

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AFRIQUE. La dernière éclipse annulaire de Soleil eut lieu le 1er septembre 2016. Un phénomène bien visible depuis (entre autres) l’Ile de la Réunion. Notons enfin que les marées sont plus fortes lorsque la Lune est au périgée, puisque leur amplitude est fonction de l’inverse du cube de la distance qui nous sépare de notre satellite… La plus grosse « Super Lune » de l’année 2014 a éclairé la nuit du 10 août : retrouvez ci-dessous un choix des différentes images faites à l’époque.

Cette figure théorique est, en réalité, perturbée par l’action gravitationnelle des autres corps du système solaire, principalement par le Soleil, notre étoile. L’établissement d’une théorie du mouvement de la Lune fait partie des problèmes les plus complexes de l’astronomie. À titre d’exemple, les théories ELP (pour Éphéméride Lunaire Parisienne) développées au Bureau des Longitudes et à l’Observatoire de Paris comportent des dizaines de milliers de termes !

2 Toutes les distances exprimées dans cet article sont mesurées depuis le centre de la Terre jusqu’au centre de la Lune.

On a parfois l’impression, voire la certitude, que la Lune est beaucoup plus grosse quand elle est proche de l’horizon, en particulier à son lever ou à son coucher, que lorsqu’elle est haut dans le ciel. Déjà mentionné par Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.), ce phénomène est une illusion d’optique dont la cause est encore débattue aujourd’hui.

Dans un degré, il y 60 minutes d’arc (60’) et dans une minute d’arc, on compte 60 secondes d’arc (60’’). Le pouvoir de résolution de l’œil humain est d’environ 1’. Cela signifie que deux points séparés par moins de 1’ seront vus comme un seul et même point.

Nous parlons ici des lieux où l’éclipse est réellement vue comme annulaire. Elle est observable sous forme d’éclipse partielle de Soleil sur une fraction bien plus importante du globe terrestre.

ECLIPSE DE LUNE. Elle était totale dans la seconde partie de la nuit du dimanche 27 au lundi 28 septembre 2015. Le phénomène était parfaitement observable depuis la France métropolitaine. Il a débuté à 2h12 et s’est achevé à 7h12. Durant la phase de totalité de l’éclipse, la Lune ne disparaît pas totalement mais devient rougeâtre : c’était entre 4h11 et 5h23. Le phénomène a lieu en simultané pour tous les observateurs terrestres. En revanche, les distances angulaires – qui permettre de définir la place du satellite dans le ciel, pratique en cas de ciel nuageux – diffèrent d’un site d’observation à l’autre : les valeurs de ces angles pour les principales villes de France dans cet article de Sciences et Avenir.

 

Source : sciencesetavenir.fr