Syrie. À Alep, les civils attendent la mort

Alors que les forces de Bachar El-Assad sont sur le point de reprendre le contrôle d’Alep ce mardi 13 décembre, les témoignages glaçants de résidents encore sur place se multiplient sur les réseaux sociaux. Vice News s’en fait l’écho.

J’attends de mourir ou de me faire capturer par le régime de Bachar El-Assad… Priez pour moi et souvenez-vous de nous.”

Ce message a été posté par le photographe Ameen Al-Halabi sur Facebook, lundi 11 décembre, et traduit par Vice News. Le photographe se trouve à Alep, au moment où les forces gouvernementales sont tout près de reprendre le contrôle de la ville, après quatre semaines d’offensive. Lundi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est alarmé d’informations faisant état d’atrocités commises contre des civils sur place.

La veille, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme, plus de 10 000 civils avaient quitté la ville “en raison des combats et des bombardements”,précise L’Orient-Le Jour.

Appels à la communauté internationale

Le journaliste américain Bilal Abdul Kareem, l’un des rares reporters encore présents dans la ville syrienne, a posté une vidéo dans laquelle il s’adresse aux pays musulmans qui n’ont pas aidé Alep : “Vous avez échoué.”


Quant à Bana, la fillette de 7 ans qui alimente un compte Twitter avec l’aide de sa mère, Fatemah, elle a posté trois messages dans la journée de lundi, rapporte Vice. Les deux premiers commencent par les mots “Final message” (dernier message). Elle y indique tour à tour qu’elle est triste que “personne ne les évacue”, que “les gens meurent depuis dimanche”. Fatemah dit sa surprise d’être encore en vie. Dans le dernier tweet posté, Bana écrit : “Mon père est blessé. Je pleure.”

“Des millions de vidéos vous sont parvenues”

Sur Twitter, un Syrien également cité par Vice Newsinterpelle lui aussi la communauté internationale : “Les gens ont besoin d’aide, nous demandons une protection internationale.” @Monther_Etaky, qui se présente comme “un anglophone résident dans Alep assiégée, opposant au régime de Bachar El-Assad et journaliste”, écrit :

À tous ceux qui nous entendent : nous ne sommes plus dans les années 1980, quand les gens n’avaient pas accès à l’information des millions de vidéos vous sont parvenues.”

Source : courrierinternational.com