Tabassé parce qu’il n’avait pas de cigarette à donner

Témoignage Ouest-France. Philippe* a été roué de coups par deux frères, lundi soir, sur le port de Vannes. Opéré de l’épaule, hier, il témoigne de la violence de l’agression.

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Sur son lit d’hôpital, Philippe est un peu dans le coaltar. Il vient tout juste de sortir de 2 h 30 d’opération. « J’ai été opéré de l’épaule dans la matinée. Tout s’est très bien passé mais j’ai l’humérus cassé, rattaché par une plaque et deux vis ; deux côtes cassées et deux yeux au beurre noir, nécessitant 90 jours d’interruption temporaire de travail », indique-t-il.

Ce Quimpérois était de passage à Vannes lundi, lorsqu’il a été violemment agressé par deux hommes.

La suite ? C’est lui qui la raconte : « Je venais de terminer un repas chez un copain qui habite près du cimetière Calmont. Nous sommes descendus boire quelques verres dans un bar du centre-ville. Un ami a proposé d’aller jouer au Casino. Nous avons alors pris la direction du parc Chorus en longeant la Rabine. À un moment, je me suis arrêté pour faire mon lacet. Mes amis ont continué à marcher devant moi. Lorsque je me suis relevé, un homme se tenait juste à côté. Dans un anglais approximatif et très agressif, il m’a demandé une cigarette. Je lui ai répondu que je ne fumais pas et là, les coups sont partis », raconte-t-il, la voix encore tremblante.

« J’étais dans un cauchemar »

Philippe reçoit un violent coup de poing dans l’œil. Il titube mais reprend vite connaissance. « Là, je me suis mis à courir mais un autre homme m’a arrêté. J’ai pris des coups de pied et je suis tombé. Mes amis sont arrivés en courant. L’un d’eux, pour faire peur à mes agresseurs, a dit qu’il était de la Gendarmerie nationale. Le mec a jeté un couteau et ils sont partis en courant », poursuit le Quimpérois.

Il se relève et se réfugie au Casino. « Je remercie l’établissement qui s’est bien occupé de moi et m’a servi deux verres d’eau. Je n’avais pas forcément mal. Je pensais que j’avais une côte de fêlée. En réalité j’avais beaucoup plus… »

Gravement blessé et choqué, Philipe décide de déposer plainte au commissariat. « J’ai vraiment eu l’impression que j’étais dans un cauchemar qui ne s’arrêtait pas. Je connais bien Vannes et jamais on ne m’avait insulté ou agressé. »

Trois mois d’arrêt de travail

Pour ce sportif amateur, il va falloir beaucoup de repos avant de reprendre la course. « Dans mon boulot, je suis payé à la commission. Là, j’ai presque trois mois d’arrêt de travail. Le préjudice est énorme. »

Face à un tel déchaînement de violence, Philippe a du mal à comprendre « comment on peut tabasser quelqu’un pour une cigarette que l’on n’a pas. On vit vraiment dans un drôle de monde. »

*Prénom d’emprunt

Source : ouest-france.fr