Un revenu de base pourrait prochainement être expérimenté en France

Une mission du Sénat propose de verser, à titre d’expérimentation, 500 euros par mois à au moins 20.000 à 30.000 personnes âgées de 18 à 65 ans dans des « départements volontaires ».

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À quelques mois de l’élection présidentielle, l’idée d’un revenu universel ou de base, portée par de nombreux chercheurs, a des partisans de tous bords, de Nathalie Kosciusko-Morizet à Benoît Hamon, en passant par Manuel Valls. Durant quatre mois, de juin à septembre, une
mission composée de 27 sénateurs s’est penchée sur cette « solution alternative à la logique actuelle des minima sociaux » : verser une somme « garantie, identique à chaque individu et qui pourrait bénéficier à toute personne, quel que soit son niveau de revenu ».

Conclusion : dans un rapport intitulé « Le revenu de base en France, de l’utopie à l’expérimentation » publié ce mercredi 19 octobre, ils proposent d’expérimenter rapidement « dans des territoires volontaires » différentes modalités d’une mise en place d’un revenu de base.

La France consacre 690 milliards d’euros à la protection sociale, un tiers de son PIB, pourtant le taux de pauvreté s’élève à 14,1% et « des concitoyens » sont « laissés au bord du chemin », selon les sénateurs. « Ne confondons pas fusion des minima sociaux et revenu de base », a déclaré mercredi au Sénat le président de cette mission d’information, le sénateur UDI Jean-Marie Vanlerenberghe, disant avoir voulu « clarifier l’idée » et « l’acclimater à la France ».

500 EUROS PAR MOIS

S’ils ne préconisent pas la mise en place immédiate d’un revenu de base, faute de « conditions réunies » et de « preuves de ses avantages », ces sénateurs de tous bords politiques jugent néanmoins « indispensable de mener dès aujourd’hui l’expérimentation » d’un concept qui « présente un caractère révolutionnaire ». Ils se prononcent donc pour verser, pendant trois ans, 500 euros à des personnes âgées de 18 à 65 ans, « au moins 20.000 à 30.000 personnes, ce qui représenterait un coût de l’ordre de 100 à 150 millions d’euros par an, pris en charge par l’État », a calculé la mission.

Instaurée « dans des départements volontaires », cette expérimentation permettrait « de tester et de comparer les effets concrets de plusieurs modalités d’un revenu de base sur plusieurs segments de la société, en particulier les 18-25 ans et les 50-65 ans », jugés « plus fragiles ».

 

Source : AFP