Vie privée: même quand vous êtes déconnecté, Facebook peut vous traquer

Un rapport met en lumière une nouvelle pratique de Facebook: celle qui consiste à pister les internautes qui sont ne sont pas connectés voire… ceux qui ne sont pas inscrits. Pour se défendre, le réseau social évoque « un bug ».

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Ils n’utilisent pas Facebook et pourtant ils sont épiés. Un rapport publié fin mars révèle que le réseau social traque les utilisateurs déconnectés mais aussi ceux qui ne sont pas inscrits. Il a été commandé par la Commission de la protection de la vie privée de Belgique, l’équivalent de la CNIL, et réalisé par des chercheurs de deux universités belges. Plusieurs médias français s’en sont fait l’écho parmi lesquels Le Monde et Le Figaro.

Comment Facebook s’y prend pour pister les internautes, usagers ou non? D’après le rapport, le problème réside dans les cookies utilisés, ces petits fichiers qui, une fois placés sur l’ordinateur des internautes, collectent leurs données de navigation et gardent en mémoire leurs préférences. Une pratique courante pour la plupart des sites Internet mais qui, en l’espèce, s’avère problématique.

Contraire à la vie privée

Dans le cas de Facebook, ces cookies continuent à agir lorsque l’utilisateur est déconnecté. Ainsi, le réseau social peut collecter les données de navigation des internautes, savoir sur quels sites ils se sont rendus et proposer de la publicité ciblée. Les « plugins sociaux », c’est-à-dire les boutons « like » ou « partager » qui sont sur de nombreux sites, permettraient notamment de faire remonter des informations à Facebook.

Plus gênant encore, le rapport révèle que même si un individu n’a jamais été inscrit sur le réseau social, il peut également être concerné. Car il suffit de consulter une des pages du site accessible à tous, comme celle d’un chanteur célèbre après une recherche par exemple, pour que le réseau social « greffe » ses cookies.

Un problème en passe d’être résolu

Comme si cela ne suffisait pas, le rapport pointe également les difficultés pour les internautes de supprimer lesdits cookies. Facebook les imposerait même à ceux qui font la démarche de s’en débarrasser. Selon Le Monde, ces procédés violent la législation européenne selon laquelle l’installation de cookies doit faire l’objet d’un consentement préalable de l’internaute.

De son côté, Facebook s’est défendu jeudi sur son blog en évoquant « un bug », lequel
aurait effectivement envoyé des cookies « à quelques personnes » qui n’étaient pas sur le réseau social. Il serait sur le point d’être résolu. « Ce n’était pas notre intention », indique Facebook.

 

Source : l’expansion