Voici la carte la plus détaillée de la Galaxie

Avec quelque 1,15 milliard d’étoiles, la cartographie de la Voie lactée d’une précision inégalée présentée  par l’Agence spatiale européenne (ESA) ouvre de nouveaux horizons pour la recherche en astronomie.

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Le télescope spatial européen Gaia « a épinglé la position précise dans le ciel (…) de 1,142 milliard d’étoiles », a annoncé ce mercredi l’ESA dans un communiqué. Un record en termes de recensement, même si cela représente moins de 1% des étoiles de la Voie lactée, la galaxie à laquelle appartient notre système solaire, qui en contient probablement entre 100 et 200 milliards.

1 milliard d’étoiles référencées

Anthony Brown, membre de l’équipe, a salué cet « atlas d’un milliard d’étoiles » lors d’une conférence de presse à Madrid. « Tous les domaines de l’astronomie reposent sur ces données », précise le chercheur de L’université de Leyde aux Pays-Bas.

Avec plus d’1 milliard d’étoiles référencées, les scientifiques disposent maintenant de la cartographie du ciel la plus précise et la plus vaste, jamais réalisée. « C’est une quantité d’information phénoménale », note François Mignard, directeur de recherche au CNRS et membre de la Gaia
Science Team de l’ESA.

« Une page de l’astronomie se tourne »

En outre, pour 2 millions de ces étoiles, les scientifiques, issus de 25 pays européens, ont mis à la disposition des chercheurs du monde entier des données comprenant leur vitesse de déplacement et leur distance par rapport au Soleil. Les astronomes disposent maintenant de la position exacte de « près de 20 fois plus d’étoiles », selon le communiqué de l’ESA. Ce qui à terme permettra de percer le mystère de l’origine de la Voie lactée.

« Une nouvelle révolution est en marche », s’enthousiasme Antonella Vallenari, de l’Institut national d’astrophysique de Rome. « Une page de l’astronomie se tourne » pour François Mignard. L’ESA et le consortium européen qui pilotent Gaia prévoient d’obtenir, vers fin 2017, la vitesse et la distance du milliard d’étoiles désormais identifiées.

Un coût de 740 millions d’euros

Depuis son lancement le 19 décembre 2013, Gaia scrute l’immensité de la Galaxie (100 000 années lumières de diamètre), et enregistre chaque jour les données de 50 millions d’étoiles. Et il va continuer à le faire jusqu’en 2020. « Ceci n’est qu’un début » selon Gisella Clementini (Bologne). « C’est un avant-goût des avancées spectaculaires que Gaia va bientôt permettre sur les distances cosmiques ».

Car la mission du télescope spatial européen, d’un coût de 740 millions d’euros, ne se limite pas à un atlas du ciel. « Gaia est destinée à répondre à une question fondamentale: comment s’est formée notre Galaxie », souligne Antonella Vallenari. Le télescope devrait également débusquer de nouvelles planètes et il va continuer à surveiller les astéroïdes pour évaluer les risques de collision avec la Terre.

Percer la nature de la matière noire

Les observations de Gaia devraient aussi permettre de percer l’une des plus grandes énigmes de l’univers, la nature de la matière noire. Invisible, elle formerait 25% de l’Univers.

Bien que sa cible première soit la Voie lactée, le télescope voit bien plus loin, collectant même des données à des milliards d’années-lumière comme les positions de 250.000 quasars, des objets ultra lumineux qui émettent une énergie colossale. Or, en astronomie regarder loin, c’est remonter le temps, vers l’origine de l’Univers.

 

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